Silver-Wolves.Com

Articles

La Méthode Coué

La Maîtrise de Soi-Même par l'Autosuggestion Consciente

22 - L'Éducation telle qu'elle Devrait Etre

Chose qui peut sembler paradoxale au premier abord, l'éducation de l'enfant doit commencer avant sa naissance. En effet, si une femme qui a conçu depuis quelques semaines se fait dans l'esprit l'image du sexe de l'enfant qu'elle mettra au monde, des qualités physiques et morales qu'elle désire lui voir posséder, et qu'elle continue, pendant le temps de la gestation, à se faire la même image, l'enfant aura vraisemblablement le sexe et les qualités imaginés.

Les femmes spartiates n'engendraient que des enfants robustes, qui devenaient plus tard des guerriers redoutables, parce que leur plus grand désir était de donner de tels hommes à la patrie : tandis qu'à Athènes les femmes avaient des enfants intellectuels chez lesquels les qualités de l'esprit l'emportaient de cent coudées sur les qualités physiques.

L'enfant ainsi procréé sera donc apte à accepter facilement les bonnes suggestions qui lui seront faites et à les transformer en autosuggestions qui détermineront plus tard la conduite de sa vie. Car il faut savoir que toutes nos paroles, tous nos actes ne sont que le résultat d'autosuggestions causées la plupart du temps par la suggestion de l'exemple ou de la parole.

Que doivent donc faire les parents et les maîtres pour éviter de provoquer de mauvaises autosuggestions et en provoquer de bonnes chez les enfants ? Être toujours avec eux d'une humeur égale, leur parler d'un ton doux, mais cependant ferme. On les amène ainsi à obéir sans même qu'ils aient la tentation de résister.

Surtout, surtout qu'on évite de les brutaliser, car on risque de déterminer chez eux l'autosuggestion de crainte, accompagnée de haine.

Éviter aussi avec soin de dire devant eux du mal de personnes quelconques, comme cela se fait souvent dans les salons où, sans en avoir l'air, on déchire à belles dents une bonne amie absente. Fatalement ils suivraient cet exemple funeste et pourraient quelquefois déterminer plus tard de véritables catastrophes.

Éveiller en eux le désir de connaître les choses de la nature et chercher à les intéresser en leur donnant très clairement toutes les explications possibles en employant un ton enjoué et de bonne humeur. Par conséquent, répondre à leurs questions avec complaisance, au lieu de les repousser en en leur disant : « Tu m'ennuies, laisse-moi tranquille, on t'expliquera cela plus tard. »

Sous aucun prétexte, ne jamais dire à un enfant : « Tu n'es qu'un paresseux, un propre à rien, etc. », parce que cela crée chez lui les défauts qu'on lui reproche.

Si un enfant est paresseux et ne fait jamais que de mauvais devoirs, on devra lui dire un jour, alors même que cela n'est pas vrai : « Ah! aujourd'hui tu as mieux fait que d'habitude, c'est bien, mon petit. » L'enfant, flatté de cet éloge auquel il n'est pas habitué, travaillera certainement mieux la fois suivante et peu à peu, grâce à des encouragements donnés avec discernement, il arrivera à devenir réellement travailleur.

Éviter à tout prix de parler de maladies devant les enfants, ce qui pourrait en déterminer. Leur apprendre au contraire que la santé est l'état normal de l'homme et que la maladie est une anomalie, une espèce de déchéance que l'on évitera en vivant d'une façon sobre et réglée.

Ne pas créer de défauts chez eux, en leur apprenant à craindre ceci ou cela, le froid, le chaud, la pluie, le vent, etc., l'homme étant fait pour supporter tout cela impunément, sans en souffrir et sans se plaindre.

Ne pas rendre l'enfant craintif en lui parlant de Croquemitaine et de loups-garous, car la peur contractée dans l'enfance risque de persister plus tard.

Donc ceux qui n'élèvent pas eux-mêmes leur enfants doivent bien choisir les personnes auxquelles ils les confient. Il ne suffit pas que celles-ci aiment les enfants, il faut encore qu'elles aient les qualités que l'on désire que les enfants possèdent.

Éveiller en eux l'amour du travail et de l'étude, en les leur rendant faciles, en leur expliquant, comme je l'ai dit plus haut, les choses clairement et aussi d'une façon plaisante, en introduisant dans les explications quelque anecdote amusante qui fait désirer à l'enfant les leçons suivantes.

Leur inculquer surtout que le travail est indispensable à l'homme, que celui qui ne travaille pas d'une façon quelconque est un inutile, que tout travail procure à celui qui l'accomplit une satisfaction saine et profonde, tandis que l'oisiveté, tant rêvée par les uns, crée l'ennui, la neurasthénie, le dégoût de la vie, et conduit à la débauche et même au crime celui qui ne possède pas les moyens de satisfaire les passions qu'il s'est créées par l'oisiveté.

Enseigner aux enfants à être toujours polis et aimables vis-à-vis de tous et plus particulièrement envers ceux que le hasard de la naissance a placés dans une classe inférieure à la leur, à respecter la vieillesse et à ne pas se moquer des défauts physiques ou moraux qui sont souvent la conséquences de l'âge.

Leur apprendre que l'on doit aimer tout le monde, sans distinction de position sociale, qu'on doit être toujours prêt à secourir celui qui est dans le besoin et à ne pas craindre de dépenser son temps et son argent pour lui; que l'on doit en un mot songer plus aux autres qu'à soi-même; enfin qu'en agissant ainsi on éprouve, sans la chercher, une satisfaction intime que l'égoïste cherche toujours sans jamais la trouver.

Développer chez eux la confiance en eux-mêmes, leur apprendre qu'avant de faire une chose, on doit la soumettre au contrôle de la raison, en évitant d'agir d'une façon impulsive, et que, après l'avoir raisonnée, on doit prendre une décision sur laquelle on ne revient plus, à moins que l'on n'ait la preuve qu'on s'est trompé.

Leur apprendre surtout que chacun doit partir dans la vie avec l'idée bien précise, bien arrêtée, qu'il arrivera et que, sous l'influence de cette idée, il arrivera fatalement, non pas qu'il doive tranquillement attendre les événements, mais parce que, poussé par cette idée, il fera ce qu'il faut pour cela; il saura profiter des occasions ou même de l'unique occasion qui passera près lui, cette occasion n'eut-elle qu'un seul cheveu; tandis que celui qui doute de lui-même, c'est le Constant Guignard, à qui rien ne réussit, parce qu'il fait tout ce qu'il faut pour ne pas réussir. Celui-ci pourra nager dans un océan d'occasions pourvues de chevelures absaloniennes, il ne trouvera pas le moyen d'en saisir une seule, et il déterminera souvent les événements qui le feront échouer, alors que celui qui a en lui-même l'idée du succès fera naître quelquefois d'une façon inconsciente ceux qui détermineront le succès.

Mais surtout que les parents et les maîtres prêchent d'exemple. L'enfant est extrêmement suggestible. Tout ce qu'il voit faire, il le fait : donc les parents sont tenus de ne donner que de bons exemples aux enfants.

Dès que les enfants peuvent parler, leur faire répéter matin et soir, vingt fois de suite, la phrase : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux, » qui déterminera chez eux une excellente santé physique et morale.

On aidera puissamment à faire disparaître les défauts de l'enfant et déterminer chez lui l'apparition des qualités opposées, en lui faisant de la suggestion comme il suit :

Toutes les nuits, lorsque l'enfant est endormi, s'approcher doucement de son lit de façon à ne pas l'éveiller, s'arrêter à environ un mètre de lui et lui répéter quinze à vingt fois de suite, à voix très basse (en murmurant) la ou les choses que l'on désire obtenir de lui.

Enfin il serait à souhaiter que chaque matin les maîtres fissent de la suggestion à leurs élèves de la façon suivante. Après leur avoir fait fermer les yeux, ils leur diraient : « Mes amis, j'entends que vous soyez toujours des enfants polis, aimables envers tout le monde et obéissants vis-à-vis de vos parents et de vos maîtres, et quand ceux-ci vous donneront un ordre ou vous feront une observation, vous tiendrez toujours compte de l'ordre donné ou de l'observation faite, sans que cela vous ennuie. Vous pensiez autrefois que quand on vous faisait une observation, c'était pour vous ennuyer : maintenant vous comprenez très bien que c'est dans votre intérêt seul qu'on vous l'adresse; par conséquent, loin d'en vouloir à la personne qui vous la fait, vous lui en êtes au contraire reconnaissants.

« De plus, vous aimerez le travail, quel qu'il soit; mais, comme actuellement celui-ci consiste pour vous dans l'étude, vous aimerez toutes les choses que vous devez étudier, même et surtout celles que vous n'aimiez pas autrefois. Donc, lorsque vous serez en classe, et que le professeur fera une leçon, vous porterez exclusivement votre attention sur ce qu'il dira, sans vous occuper des sottises que pourront faire ou dire vos camarades et surtout sans en faire ou en dire vous-mêmes.

« Dans ces conditions, comme vous êtes intelligents, car vous êtes intelligents, mes amis, vous comprendrez facilement, vous retiendrez de même : les choses que vous aurez apprises s'emmagasineront dans un casier de votre mémoire où elles resteront à votre disposition et d'où vous les tirerez au moment du besoin.

« De même, lorsque vous travaillerez seuls, à l'étude ou à la maison, que vous ferez un devoir ou que vous étudierez une leçon, là encore vous porterez uniquement, exclusivement votre attention sur le travail que vous faites, et vous aurez ainsi toujours de bonnes notes pour vos devoirs et vos leçons. »

Tels sont les conseils qui, s'ils sont bien suivis, donneront des enfants pourvus des meilleures qualités physiques et morales.

E. COUÉ.

Nota. - Tous les jours je reçois des lettres de personnes qui m'exposent longuement tous les symptômes dont elles souffrent et me demandent ce qu'elles doivent faire dans leur cas.

Ces lettres sont inutiles.

Ma méthode étant générale et, par conséquent, s'adressant à tout, je n'ai pas de conseils particuliers à donner quels que soient les cas.

La seule chose à faire est, tout en continuant soigneusement le traitement institué par le docteur, de suivre très exactement les instructions données à la page 22 de « La Maîtrise ». Si on les suit bien, on obtiendra tout ce qu'il est humainement possible d'obtenir.

Je dois ajouter que souvent j'ignore où s'arrêtent les limites de la possibilité.

Pour les enfants, il sera bon de leur faire de la suggestion pendant leur sommeil, comme il est dit dans la brochure.

La Maîtrise de Soi-Même par l'Autosuggestion Consciente
0 - Introduction - L'importance de la Maîtrise
1 - L'Autosuggestion Consciente
2 - L'être Conscient et l'Etre Inconscient
3 - Volonté et Imagination
4 - Suggestion et Autosuggestion
5 - Emploi de l'Autosuggestion
6 - Comment Procéder
7 - Suggestion Curative
8 - Autosuggestion Consciente
9 - Supériorité de la Méthode
10 - Comment agit la Suggestion
11 - Emploi de la suggestion - Guérison
12 - Cas de Guérison
13 - Conclusion
14 - Autosuggestion - Observations
15 - Lettres à Emile Coué
16 - Pensées et Préceptes
17 - Conseils et Enseignements
18 - Séances
19 - Notes sur le Voyage
20 - Tout à Tous
21 - Le Miracle en Soi
22 - L'Education
Google
 
Web silver-wolves.com
Articles
2012 - The Awakening - L'Eveil de la Conscience - Silver Wolves.Com - 2012
Introduction- Articles - Lexique - Citations - Bibliographie
Forum - Liens - Links- Webmaster - Silver-Wolves.Com

Silver-Wolves.Com